10.06.2007
Songerie du dimanche soir
Quand nous étions enfants, le statut d’adulte était le but ultime, la liberté, l’épanouissement. Nous voulions nous débarrasser de nos parents au plus vite. Cette course en avant s’est prolongée sur son élan dans les années de la vingtaine : faire des progrès en ci, s’améliorer en ça. Grandir. Et puis un beau jour, l’évidence tombe que nous ne grandissons plus. Nous vieillissons. Mais les hommes ont besoin de la notion de progrès.
Or, voyez le titre du film de Breillat (vous pensez bien que ce n’est pas elle qui l’a trouvé) : une vieille maîtresse. Quel âge a-t-elle, cette maîtresse, 30 ans ? Au siècle dernier les gens étaient plus lucides que nous.
Les seuls qui peut être s'en sortent sont les croyants. Car les croyants ont devant eux le chemin vers le paradis. Le quotidien n’est pas plus facile, mais la vie a une direction.

Moi qui vous assène ces hautes pensées, je ne crois pas en Dieu et chaque matin au réveil, le vide confondant de l’existence me serre le cœur une minute. Heureusement je rebondis sur le filet du quotidien, quand j’appuie sur le bouton marche de la cafetière. C’est pourquoi toujours je n’aime pas les secondes embrumées quand le sommeil se dissipe, et qu’apparaît en pile dans ma tête une longue journée à venir, aussi vide que pleine.
22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : couchez vous de bonne heure le dimanche soir
01.06.2007
Faites-vous respecter
Dans chaque situation potentiellement conflictuelle avec un interlocuteur quelconque (votre mec, votre collègue, votre canari), une question finit toujours par venir tourner dans votre tête, malheureusement insoluble sauf dans un cas-par-cas insatisfaisant : faut-il se fâcher, ou non ? Faut-il actionner le rapport de force, hausser le ton, intercaler le prénom de la personne, ou pire, « Monsieur Machin », ou « Madame Truc », dans le discours ? (Essayez, pour voir, le coup du prénom, seuls les très naïfs l’ignorent encore. Exemple : je t’avais demandé, GAETAN, de sortir les poubelles » tout de suite ça prend un ton dramatique.)
En revanche et à contrario, peut-on vraiment obtenir quoi que ce soit (même la délégation de descente de poubelle) si on ne s’assoit pas par terre en pleurant ? Jusqu’où peut-on montrer de la souplesse sans avouer de la faiblesse ?
A me poser cette question trop souvent cette semaine, je me suis payée tous mes interlocuteurs en pleine face. Pour voir. Et je m’écoutais gueuler sereinement au téléphone.
Je constate le résultat suivant : point négatif, j’ai terrorisé mes proches. Point positif, je me suis extirpée de tout un tas de projets très ennuyeux au boulot.

18:20 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : liens sociaux, conflits
27.05.2007
C'est le grand jour de l'inauguration
Alors voilà, je suis revenue. Je suis revenue mais ce n'est plus moi ;) Je me dis qu'au début je ne le dirai à personne, ou juste quelques uns, ce sera ma page à moi, il n'y aura plus la copine du frère de truc qui lira distraitement mon blog parce qu'elle a milité il y a de ça 3 ans pour une assoc de femmes dans le 3e arrondissement. Ce sera le blog de moi et mes potes de blog et j'écrirai ce que je voudrai. Peut etre c'est un mythe parce qu'on finit toujours par se faire rattraper par son image sociale.
Mais enfin, ce soir c'est ma première note, je peux renaître de mes cendres bien tranquillement sans personne, aussi je vais pas me gêner.

Elle, c'est Marjane Satrapi. Elle est encore plus belle en vrai qu'en dessins noirs et blancs. Elle a dormi dans les rues quand elle était ado, elle fume, elle n'a pas toujours su le sens de la vie, elle a pris des tas de décisions incohérentes, a fait des tas d'erreurs et les a réalisées. Elle me plaît parce qu'elle est tellement humaine. C'est un grand espoir pour moi.
Au lieu d'aider ces dames et demoiselles françaises et bien diplômées au chaud dans leurs pantoufles, j'aimerais bien me rendre utile aux femmes iraniennes, ça au moins ça donnerait du sens. D'ici là je reste la trésorière du club des petites femmes dynamiques, c'est toujours ça.
20:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Marjane Satrapi, Iran


