10.06.2007
Songerie du dimanche soir
Quand nous étions enfants, le statut d’adulte était le but ultime, la liberté, l’épanouissement. Nous voulions nous débarrasser de nos parents au plus vite. Cette course en avant s’est prolongée sur son élan dans les années de la vingtaine : faire des progrès en ci, s’améliorer en ça. Grandir. Et puis un beau jour, l’évidence tombe que nous ne grandissons plus. Nous vieillissons. Mais les hommes ont besoin de la notion de progrès.
Or, voyez le titre du film de Breillat (vous pensez bien que ce n’est pas elle qui l’a trouvé) : une vieille maîtresse. Quel âge a-t-elle, cette maîtresse, 30 ans ? Au siècle dernier les gens étaient plus lucides que nous.
Les seuls qui peut être s'en sortent sont les croyants. Car les croyants ont devant eux le chemin vers le paradis. Le quotidien n’est pas plus facile, mais la vie a une direction.

Moi qui vous assène ces hautes pensées, je ne crois pas en Dieu et chaque matin au réveil, le vide confondant de l’existence me serre le cœur une minute. Heureusement je rebondis sur le filet du quotidien, quand j’appuie sur le bouton marche de la cafetière. C’est pourquoi toujours je n’aime pas les secondes embrumées quand le sommeil se dissipe, et qu’apparaît en pile dans ma tête une longue journée à venir, aussi vide que pleine.
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